Les volcans d’Islande

Située entre le Groenland et la Norvège, l’Islande signifie littéralement « terre de glace ». Et si 12% du territoire est recouvert de glaciers, ce sont surtout les volcans qui ont fait la réputation de l’île, qui abrite pas moins de 130 spécimens actifs. « Pour la plupart, ils sont recouverts de glace, explique Heidi Sevestre, glaciologue. Quand le volcan entre en éruption, cela engendre des volumes incroyables d’eau. » Ces véritables raz de marée créent alors des inondations, emportant tout sur leur passage. « Ils ont aussi la particularité d’être très actifs, indique-t-elle. Chaque centimètre carré de l’Islande est marqué par le volcanisme. » « L’Islande est dans une situation unique au monde puisqu’une partie du pays se situe sur la plaque américaine et l’autre sur la plaque eurasiatique, détaille la scientifique. C’est la dynamique des plaques qui crée cette activité volcanique. » Et ce, d’autant que l’île se trouve juste au-dessus d’un point chaud, une zone dans le manteau inférieur terrestre où se forme le magma, qui remonte ensuite à la surface. Il y a 130 volcans actifs et on estime qu’une éruption a lieu tous les quatre à six ans. « Le Bardarbunga et l’Hekla, deux volcans très puissants, se préparent à entrer en éruption dans les prochaines années », relate Heidi Sevestre. Le Katla, considéré comme le plus dangereux du pays, montre lui aussi des signes d’activité. Et les risques sont nombreux, entre les gaz toxiques, les coulées de lave, les nuages de cendre et les bombes volcaniques. En avril 2010, l’explosion de l’Eyjafjallajökull avait provoqué la fermeture de nombreux aéroports européens et l’annulation de 100 000 vols en un mois. Il a d’ailleurs fait l’objet d’une comédie, avec Dany Boon. Mais l’une des plus grosses explosions de l’histoire humaine est celle du Laki, un volcan aux 130 cratères. En 1783, 10 000 Islandais avaient péri. « Il aurait aussi indirectement déclenché la Révolution française ! Le climat plus froid avait en effet détruit l’agriculture, notamment le blé, ce qui engendra la famine », conclut la glaciologue. Les 334 000 habitants ont su tirer le meilleur de ces montagnes, s’en servant pour produire 30 % de leurs besoins énergétiques grâce à la géothermie ou pour faire pousser des légumes. Leur protection est assurée par 70 stations de mesure à travers l’île. « Le système d’alerte est très poussé, affirme-t-elle. Les gens reçoivent immédiatement un SMS en cas de risque. »

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